Pour l’été, souvenirs à relire… (suite)

La démocratie à revivifier par l’autogestion  ?

Et si la démocratie participative que certains appellent de leurs vœux, le renouveau démocratique qui se cherche, n’étaient qu’une certaine forme d’autogestion ? Pour en avoir le cœur net, relisons ce qu’en disait en mai 1978, dans une interview à La Croix, Edgard Pisani *. Revenant alors sur les raisons qui l’avait conduit à voter la censure du gouvernement de Georges Pompidou (alors même qu’ancien ministre du général de Gaulle, il avait été élu député gaulliste), il évoquait l’autogestion en des termes aujourd’hui particulièrement éclairants…

« Notre grande recherche des années futures ne sera pas la substitution de la société civile à la société politique, de l’autogestion à l’élection, mais la coexistence d’une société politique, dont les fonctions seront redéfinies et limitées, et d’une société civile qui ne sera plus ignorée et parviendra à s’assumer en partie directement.

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Je veux dénoncer la confusion que les détenteurs du pouvoir entretiennent sciemment entre les hommes de mon espèce qui veulent rendre la société civile responsable et d’autres hommes qui veulent « dé-responsabiliser » tout le monde.

Le système autogestionnaire, ce n’est pas un système laxiste, un système de non-valeur ou d’abandon de discipline. C’est un système d’accession à la responsabilité, ce qui est totalement différent. C’est une ascèse, un effort, une conquête de soi par-delà le pouvoir. L’Etat est mis en cause sous deux formes qui ne se ressemblent pas : la première conteste tout système de hiérarchie, de responsabilité, d’ordre, d’effort, de valeur. Une espèce de spontanéisme général et débridé.

La seconde, celle dont je me réclame et qu’incarne le courant autogestionnaire, est fondé sur des valeurs nouvelles, exigeantes ; une autre reponsabilité, mais une responsabilité vraie ; un autre ordre, mais un ordre vrai, né de la vie et non de la soumission. Méfions nous de cette ambiguité savamment entretenue ».

* Interview réalisée avec Dominique Gerbaud et publiée dans La Croix datée du 20 mai 1978 et déjà citée sur ce blog le 4 juillet dernier.

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