Reconstruire, à gauche ?…

Reconstruire, réinventer, retrouver, repenser, redéfinir… Décidément, la liste est longue de ces verbes maintes fois utilisés dans l’actualité et qui nous invitent à un renouveau. Styliste du langage, Jeanne Bordeau* les a rassemblés dans un de ses tableaux de mots qu’elle expose comme chaque début d’année, et l’on peut s’interroger, à quelques semaines d’échéances électorales majeures, sur le sens que pourrait leur donner la gauche pour revivifier la démocratie et la justice sociale.

Fallait-il que cette gauche soit sur le point d’être balayée lors des prochaines élections pour que ses candidats proposent, en ordre dispersé, un catalogue hétéroclite de propositions parfois incompatibles entre elles, et dont un des rares points communs semble être l’accroissement de la dépense publique ? Faudra-t-il qu’elle fasse une cure d’opposition pour prendre le temps de penser à un nouveau modèle ? Faut-il pour cela que ses caciques soient renvoyés dans leurs foyers ?

On se souvient qu’il avait fallu que la SFIO subisse de nombreux échecs avant que François Mitterrand ne parvienne à lui imposer sa loi et à en faire un PS capable de conquérir le pouvoir. On se souvient moins du fait que cette conquête avait été précédée par un bouillonnement d’idées, par de nombreuses initiatives qui avaient permis de revivifier la démocratie locale, d’expérimenter des pratiques politiques nouvelles dans des quartiers et des municipalités, de renouveler les femmes et les hommes en faisant exercer des responsabilités à une nouvelle génération d’élus.

La cure d’opposition imposée alors à la gauche en raison de son incapacité à affronter la décolonisation, de la faillite de la IVème République, et du gaullisme triomphant, lui avait permis de retrouver des forces nouvelles. Cela avait été rendu possible parce qu’elle ne s’était pas contentée de batailler contre des gouvernements qui n’avaient pas ses faveurs, mais parce que dans le même temps, elle fourbissait les armes de son avenir : elle s’était largement investie dans un tissu associatif foisonnant qui lui avait apporté idées et militants. Et il lui aura fallu 23 ans pour y parvenir et accéder au pouvoir !

Aujourd’hui, comme en 1958, c’est son incapacité à affronter les défis du présent et à esquisser le futur qui la condamne, tout autant qu’un éloignement de réalités locales portées par des associations et des mouvements citoyens. Le fait que ses candidats à la primaire soient, presque exclusivement, issus de l’appareil d’un parti dans lequel ils ont fait carrière montre à quel point celui-ci s’est éloigné de ses bases.

Les défis ne manquent pas sur lesquels la gauche pourra, enfin, faire preuve de créativité : revivifier une démocratie confisquée localement par certains élus et par une administration hypertrophiée productrice d’un excès de normes qui paralyse entreprises et collectivités locales ; assurer la régulation de l’économie sans lui imposer des contraintes qui la privent de toute possibilité d’être compétitive et créatrice d’emplois ; repenser le droit social en prenant en compte les réalités de la nouvelle économie ; rénover un modèle éducatif que le pédagogisme et l’égalitarisme condamnent à l’échec tout en renforçant les inégalités ; concilier justice sociale et développement durable pour ne pas condamner les plus pauvres au chômage et à la précarité énergétique ; redéfinir des mécanismes de solidarité qui semblent à bout de souffle et sont menacés tant par le communautarisme que par l’individualisme…

Oui, il y a du travail pour qui voudra bien s’y consacrer ! Un travail peut-être ingrat car peu susceptible de placer à brève échéance sous les feux des projecteurs ceux qui s’attelleront à la tâche. Un travail qui suscitera critiques et jalousies. Mais c’est le prix de la refondation. Une refondation d’autant plus nécessaire que notre démocratie a besoin d’une gauche solide et crédible.

* Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression, elle conseille entreprises et institutions sur l’efficacité, la cohérence et le style de leur langage en communication.

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , , | Laisser un commentaire

Le spectacle de trop ?

Il y a dans la primaire de la gauche quelque chose de pathétique. Pas parce qu’aucun des candidats ne semble en mesure de susciter un engouement tel qu’il puisse franchir le cap du premier tour de l’élection présidentielle, mais parce que chacun des prétendants semble n’avoir d’autre projet que de conquérir le pouvoir tout en ignorant ce qu’il en fera et avec qui. Cela donne l’impression d’un spectacle qui tourne à vide, dont le seul but serait de permettre à des comédiens de faire un tour de piste sans scénario ni le moindre dessein d’intéresser les spectateurs.

Mais ce spectacle n’est, au fond que la réplique de celui donné par François Hollande lui-même. Dans un livre qui tient à la fois du règlement de comptes et de la chronique élyséenne, son ancien conseiller Aquilino Morelle confie que ce qu’il appelle son « abdication » n’est que l‘effet d’une « vérité simple et cruelle » qu’il résume ainsi : « François Hollande ne voulait pas exercer le pouvoir ; il voulait seulement être Président de la République ». Brutal constat qui, ajouté à celui des journalistes du « Monde » Gérard Davet et Fabrice Lhomme* montrant un Président commentateur désabusé de sa propre impuissance, révèle l’ampleur du malentendu sur lequel s’est construite sa victoire de 2012.

Le Président de la République a beau jeu de constater en privé que si la campagne de Manuel Valls semble patiner, c’est parce qu’il « n’a pas de projet, qu’il tourne en rond » parce qu’au fond « son projet, c’était de me virer ». Son ancien Premier ministre lui renvoie une image qui est n’est guère différente de la sienne : le reflet d’une certaine vacuité. Au surplus, Manuel Valls qui espérait se placer en favori d’une primaire organisée pour le seul bénéfice du Président sortant, se trouve, à la place de ce dernier, pris au piège du devoir d’inventaire d’un quinquennat raté dont il doit, quasiment seul, assumer les erreurs, les contradictions, et l’impopularité.

Si l’on complète le tableau par celui des prétendants, on se demande qui pourra susciter l’envie et réveiller les ardeurs d’un « peuple de gauche » dépité. Benoît Hamon qui semble manquer d’épaisseur ? Arnaud Montebourg à l’égo surdimensionné et à la vision économique étatiste ? Ou Vincent Peillon qui accumule déclarations choquantes et contre-vérités** ?

Pas étonnant que les électeurs de cette gauche social-démocrate et les militants soient résignés. Les premiers n’étant pas très sûrs d’aller voter à la primaire organisée par la « Belle Alliance », les seconds pas vraiment mobilisés pour en assurer le bon déroulement.

Pendant ce temps, les deux candidats qui, issus de la gauche, ont rejeté toute idée de participer à cette primaire, déroulent leurs projets, mènent leur campagne tambour battant. Emmanuel Macron remplit des salles de supporters et de curieux. Jean-Luc Mélanchon, quant à lui, mène tous azimuts une campagne efficace, où il mêle dialogue citoyen et harangue avec la verve qu’on lui connaît.

L’un et l’autre obtiennent des scores d’audience inégalés, une popularité en hausse et des intentions de vote qui évoluent dans le même sens. L’un et l’autre engrangent soutiens et financements.

Chez Emmanuel Macron, c’est le fruit d’un positionnement, d’une approche novatrice et d’idées qui bousculent les clivages habituels, auxquels s’ajoutent les premiers résultats – même imparfaits – de la loi qui porte son nom. Pour Jean-Luc Mélanchon, c’est le résultat d’une étrange combinaison où le repli sur un léninisme archaïque se double d’une stratégie digitale et numérique qui démontre sa capacité d’adaptation à la modernité.

Pour l’un comme pour l’autre, c’est aussi parce qu’ils ont pris acte de la décomposition d’un Parti Socialiste incapable de se régénérer, incapable de susciter d’autre candidat que des apparatchiks qui n’ont de la réalité économique et sociale que des idées préconçues, et incapable de trancher le conflit entre une culture d’opposition et une capacité à assumer les contraintes d’une force de gouvernement.

Si, pour le moment, le spectacle de cette primaire est pathétique, c’est sans doute parce que l’on pressent qu’il s’agit là du dernier tour de piste d’une troupe à bout de souffle. Une troupe qui joue ainsi le spectacle de trop devant des spectateurs attristés parce que la gauche, sans doute, méritait mieux.

* Dans « Un Président ne devrait pas dire ça… » – éditions Stock 

** Notamment en déclarant que les musulmans vivaient en France aujourd’hui comme « il y a 40 ans, les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes », ou encore estimant que « la droite, c’est des gens qui considèrent que, par exemple, il est noir ? Il n’a pas le droit de vote »…

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , , , , , | Un commentaire

Une femme est libre !

Une femme est libre ! On peut se réjouir de cette nouvelle qui est, après tout, un geste de miséricorde. Mais la décision de François Hollande de gracier Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison nous appelle à une réflexion sur la Justice, sur les pressions qui s’exercent sur elle, nos responsables politiques, et nos institutions.

La Justice, on le sait, a examiné avec attention le cas de cette femme meurtrière de son mari. Elle a conclu que ce meurtre était un acte de vengeance et nullement un acte de légitime défense. Les avocates de Jacqueline Sauvage savaient sans doute que la stratégie qu’elles avaient adoptée dans le prétoire était vouée à l’échec. Ce qui les a conduites à se lancer dans une bataille d’opinion mobilisant associations et médias pour faire oublier les incohérences des déclarations de Mme Sauvage et à réécrire à leur manière l’histoire tumultueuse de ce couple. Un couple dans lequel le mari était colérique et violent, et l’épouse bafouée et ayant sans doute reçu des coups, mais pas vraiment la victime faible et soumise qu’elle prétend être.

Les magistrats et les jurés* ont-ils été insensibles au drame des 200 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année en France ? N’ont-ils pas plutôt, malgré une pression incessante de l’opinion et des médias, pesé rigoureusement l’ensemble du dossier avant d’en tirer à deux reprises, à un an d’intervalle, les mêmes conclusions et de prononcer la même condamnation ?

Dans cette affaire, si le Droit l’a emporté en Justice, l’émotion s’est imposée grâce à une manipulation de l’opinion, faisant de Jacqueline Sauvage le symbole de la cause des femmes battues. Piètre symbole d’ailleurs dont on peut douter qu’il serve vraiment leur cause. Au lendemain de sa libération, les avocates de Jacqueline Sauvage ont laissé entendre qu’elles négociaient pour elle des droits en vue de la publication d’un livre de « témoignage ». Sans doute s’agit-il, en faisant fi de la vérité, de parfaire la thèse de la victime emprisonnée à tort, de la « coupable innocente ». Et au passage, d’en tirer quelque profit…

Et cela pose la question du rapport entre la Justice et l’opinion. La Justice prend le temps de l’examen rigoureux des faits, s’impose la confrontation entre des points de vue contradictoires, celui de l’accusation et celui de la défense, et donne le dernier mot à l’accusé. L’opinion ne s’embarrasse pas de ces subtilités. Elle adopte sans nuance le point de vue de l’émotion. Ce sera tantôt au profit des victimes contre les accusés tantôt, comme ce fut le cas dans cette affaire, au profit de l’accusée au point de vouloir à tout prix l’excuser de ses fautes. Les réseaux sociaux reflètent cette émotion. Les médias et les associations en sont les relais. Les politiques, en sont in fine les réceptacles, les uns pour ensuite réclamer des modifications législatives, les autres pour tenter de modifier le cours de la Justice.

C’est ce qu’a fait François Hollande en exerçant son droit de grâce qui est, après tout, une de ses prérogatives. On peut sans doute la contester en estimant qu’il s’agit là d’une survivance archaïque d’un droit de l’ancien régime. On peut aussi considérer que ce droit de grâce se justifiait au temps où la peine de mort faisait encore partie de notre arsenal pénal, car la vie d’un homme était alors en jeu, ce qui n’est plus le cas. Mais nul ne peut dire qu’il s’agit d’une contestation par le chef de l’Etat du principe de « l’autorité de la chose jugée » puisqu’il se contente d’intervenir sur l’application de la peine, pas sur la condamnation. Et qu’elles qu’aient été les critiques formulées par François Hollande à l’encontre des magistrats, il ne s’agit pas non plus d’une intervention du pouvoir exécutif dans le pouvoir judiciaire.

Il reste que dans cette affaire, la symbolique et l’émotion l’ont emporté sur le Droit. L’opinion en retiendra qu’il suffit parfois de se mobiliser au nom d’une « juste » cause – fût-ce sur une mauvaise affaire – pour imposer sa loi à la Justice, ce qui est pour le moins préoccupant. Car si une femme est libre, n’oublions pas qu’un homme est mort. Exécuté sans autre forme de procès. Et auquel il ne reste plus aujourd’hui que l’opprobre…

* En Cour d’Assise, les jurés sont au nombre de six en première instance, en l’espèce, ils étaient trois femmes et trois hommes lors du procès de 2014. En appel, ils sont neuf : cinq femmes et quatre hommes lors du procès de 2015.

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , | Un commentaire

Pour 2017…

Que règne un esprit de Fraternité, d’attention aux exclus et aux plus démunis,

Que souffle un esprit de Liberté,

Que le respect des personnes et des opinions contraires anime nos débats démocratiques.

Restons vigilants, gardons notre lucidité,

Pour faire ensemble de cette année 2017 une belle et heureuse année !

Et merci de votre fidélité !

Publié dans Billets | Laisser un commentaire

Le fils de Miriam/Marie…

Grand lecteur de la Bible, Erri de Luca ne cesse de méditer l’Ecriture. Incroyant, il écrit des textes qui nous invitent à voir autrement ce qu’elles nous racontent. En ce jour de Noël, voici un extrait du chapitre « Nativité » du petit livre qu’il a publié en  2013 aux éditions du Mercure de France, « Les Saintes du scandale ». Un pur bonheur de lecture !

« La fête célèbre l’enfant, son expulsion des entrailles, l’irruption de la première bouffée d’air à l’intérieur de ses poumons de poisson dans le bassin maternel. Mais la plus grande fête est celle de Miriam/Marie qui pousse et contracte son ventre dans la nuit d’hiver de Beth Lèhem, Bethléem, maison de pain. Son fils devait être pondu là, loin de la Galilée, de Nazareth, son domicile.

La fête est celle de Miriam/Marie, mère de voyage. Beth Lèhem, Bethléem se trouve en Judée, sud d’Israël. Iosèf/Joseph est né là, puis il est allé vivre au nord, en Galilée, qui était une Lombardie, sous le Liban, la Suisse de l’époque. Iosèf était un ouvrier du Sud qui avait émigré pour trouver du travail dans le Nord. Il n’a pas du regretter de partir pour le recensement, voulu par les Romains, qui obligeait à se faire enregistrer dans son lieu de naissance. Ce fils de Miriam/Marie devait naître là, à Beth Lèhem.

Ieshu/Jésus est un Méridional par naissance, et aussi par goût. Il s’entendait bien avec les pêcheurs, il reconnaissait le poisson frais, il inaugurait des pêches miraculeuses. Beth Lèhem, maison de pain : le pain pour manger avec les poissons, c’est une histoire du Sud. »

Très belle fête de Noël ! Que la fin de l’année soit pour vous joyeuse et porteuse d’Espérance… Et rendez-vous le 2 janvier 2017 pour la nouvelle année !

Publié dans Billets | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

49-3 ou la double méprise de M. Valls

Ceux qui ont vu le dessin animé de Walt Disney tiré du Livre de la Jungle se souviennent sans doute de cette scène où le serpent Kaa tente d’hypnotiser Mowgli en chantant « aie confiance en moi, crois moi »… En annonçant, voilà quelques jours, que s’il était élu en mai prochain, il proposerait de supprimer l’article 49-3 de la Constitution, Manuel Valls a entonné le même air. Mais, espérant convaincre les Français, il a commis une double méprise.

Méprise parce qu’il a oublié que c’est la confiance qui fonde la relation entre un élu et ses électeurs. Or, en proposant de supprimer l’article 49-3 de la Constitution, il leur pose en quelque sorte la question de confiance et tente simultanément de faire oublier ses propres revirements à ce sujet. Souvenons-nous : en 2006, alors dans l’opposition, François Hollande et Manuel Valls s’étaient tous deux insurgés contre l’emploi par le gouvernement de droite de cet article de la Constitution. Une pratique qui s’apparentait, à leurs yeux, à un « déni de démocratie ». Mais une fois au pouvoir, ils n’ont pas hésité à l’utiliser dès lors que leur majorité était devenue vacillante, tirant soudain parti des vertus de cette disposition de la Constitution.

Alors, cette promesse n’engage-t-elle que ceux qui la croient ? Est elle l’aveu par Manuel Valls du fait que s’il revenait au pouvoir, il aurait quelque difficulté à résister à la tentation d’y recourir ? Ou bien a-t-il déjà pris acte de sa propre défaite, sachant qu’il n’entend pas vraiment la tenir puisqu’un Président de la République serait bien mal avisé de se priver d’une disposition de la Constitution qui lui permettrait de gouverner en cas de majorité incertaine ? Toujours est-il que l’absence de cohérence entre les déclarations passées et la pratique gouvernementale rend peu crédible cette proposition et ne permet guère d’installer la confiance dans l’opinion dont un candidat a besoin.

Méprise également sur la manière de revivifier notre démocratie. Depuis des années (cela ne date pas de l’arrivée de F. Hollande à l’Elysée), s’exprime une forte attente des Français à reprendre la parole, et à peser sur les décisions qui les concernent. De tous côtés, la déconnexion entre gouvernants et gouvernés, entre élus et citoyens a été maintes fois dénoncée. Or, aborder la question du renouvellement de notre démocratie en mettant dans le même sac limitation des mandats et suppression du 49-3, c’est à dire s’attaquer aux « privilèges des élus » et donner des gages de respect de l’Assemblée Nationale, c’est la traiter exclusivement de manière symbolique. S’il convient de revivifier notre démocratie en adoptant de nouvelles pratiques institutionnelles, priver un gouvernement des moyens d’engager son action n’est pas nécessairement la meilleure manière. Après tout, Michel Rocard, disposant à l’époque d’une majorité toute relative au Parlement l’avait utilisé 28 fois, pas moins ; et nul ne pourrait l’accuser d’avoir fait preuve d’un autoritarisme excessif !

L’article 49-3 de la Constitution est une disposition qui relève de la technique de gouvernement dans des conditions particulières. Le réduire à un « déni de démocratie » est une erreur que commettent des frondeurs qui n’osent pas faire preuve de cohérence en votant une motion de censure. Une erreur qu’ils font partager à des médias et une part de l’opinion, faute d’assumer leurs propres responsabilités. Vouloir les satisfaire en le supprimant, c’est placer un futur gouvernement, de quelque bord qu’il soit, sous la dépendance de ceux qui pratiquent la surenchère et se condamner, à terme, à la paralysie. Pas sûr que cela laisse augurer de bonnes pratiques démocratiques…

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Rien n’est jamais acquis…

L’air que l’on respire ? Une évidence à laquelle on ne pense même plus… Jusqu’au jour où un pic de pollution nous impose des restrictions et nous conduit à regretter de ne pas en avoir pris soin plus tôt. Il en est de même pour la démocratie, la liberté de penser, d’exprimer ses opinions, le droit d’en changer…

Tandis que le Parlement s’apprêtait à examiner la prolongation d’un « état d’urgence » déclaré voici plus d’un an, trois faits apparemment sans lien entre eux, sont survenus dans la même semaine qui mettent en cause nos libertés, et notre démocratie.

Le 1er décembre, l’Assemblée nationale instaure le « délit d’entrave numérique » pour combattre les sites internet qui se livrent à la propagande anti-avortement. Pour aborder ce sujet, il convient de distinguer la question du droit à l’avortement proprement dit de celle de la libre expression des opinions. Mettons de côté celle du droit à l’avortement pour nous pencher sur celle de la liberté d’expression.

Entre partisans et adversaires de l’avortement, se joue une bataille de l’information. D’un côté des sites (dont les sites officiels) qui, pour déculpabiliser les femmes qui seraient tentées d’avorter, n’hésitent pas à le banaliser. De l’autre, des sites qui mettent en avant les risques physiologiques et psychologiques qu’il peut entraîner et qui vont jusqu’à faire indirectement pression sur les femmes qui les consultent pour qu’elles renoncent à avorter. Or, dans cette bataille, les premiers avaient emporté une première victoire avec la loi Aubry de 2001 qui avait supprimé le « délit d’incitation » à l’avortement instauré par la loi Veil. Ils en connaissent une seconde aujourd’hui avec l’instauration du « délit d’entrave numérique ». Curieusement, en 2001, ce sont les difficultés d’interprétation qui avaient motivé la suppression du « délit d’incitation ». Aujourd’hui, de telles difficultés pourtant inévitables n’ont pas inquiété les promoteurs du « délit d’entrave numérique ».

Nous assistons à un dangereux précédent. Car ce qui vaut aujourd’hui pour l’avortement vaudra demain pour n’importe quel autre sujet. En effet, remplacez le mot avortement par euthanasie, GPA ou autre, et vous aurez d’un côté, les tenants d’une information « officielle » qui aura droit de cité, parce que poussée par de puissants lobbies et validée par un gouvernement en place. De l’autre, ceux qui seraient passible de poursuites parce que diffusant des opinions différentes. Comment ne pas y voir une atteinte grave à la liberté d’expression ?

Le 5 décembre, à la veille de donner sa démission, le Premier ministre, Manuel Valls signait un décret plaçant la Cour de Cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, dans le périmètre de contrôle de l’Inspection générale de la Justice. Cela, pour mettre fin à l’auto-contrôle de cette institution, un auto-contrôle qui peut naturellement conduire à des dérives. Oui, mais il se trouve que cette Inspection générale est placée sous l’autorité du Ministre de la Justice, ce qui revenait, d’un trait de plume, à rendre cette juridiction garante de nos libertés individuelles dépendante du pouvoir exécutif. Pour mesurer l’enjeu de cette décision, il convient de se souvenir que la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) est indispensable au fonctionnement de la démocratie. Ce principe, théorisé au XVIIIème siècle par le britannique Locke et par Montesquieu, s’oppose à l’arbitraire qui avait cours dans une monarchie absolue concentrant tous les pouvoirs entre les mêmes mains. Il a, au fil des siècles, connu des adaptations, ne serait-ce que pour éviter la paralysie des institutions lorsque s’opposaient pouvoirs exécutif et pouvoir législatif. Mais c’est parce qu’il constitue une protection contre la tentation absolutiste que ce principe doit être absolument respecté.

Alors comment comprendre qu’un Premier Ministre qui se dit démocrate ait signé un tel décret qui renoue avec les tentations absolutistes de l’ancien régime ? Comment ne pas y voir une entorse grave au principe de séparation des pouvoirs ?

Le 9 décembre, les services du Premier ministre indiquent que l’évacuation de la « ZAD » de Notre Dame des Landes annoncée pour cet automne est repoussée. Elle n’aura donc pas lieu avant la prochaine élection présidentielle. Ne portons ici aucune appréciation de fond quant aux arguments des promoteurs du projet et ceux de leurs détracteurs. Constatons seulement que tous les recours judiciaires des opposants se sont soldés par leur échec. Constatons également que ce projet a été, pour mettre un terme à la querelle, soumis à référendum au mois de juin dernier. A plus de 55% les électeurs consultés se sont prononcés en faveur du projet. Et voilà que le gouvernement renonce à suivre la décision du suffrage universel. Certes, l’évacuation de la « ZAD » ne se serait pas déroulée sans heurts. Mais si l’on voulait dire aux électeurs que, quoi qu’ils disent, on n’en tiendra pas compte, si l’on voulait donner raison à ceux qui ne respectent ni la loi et les décisions de justice ni le suffrage universel, on ne s’y serait pas pris autrement ! Dramatique incurie, tragique mépris de la démocratie…

Sans doute, diront certains, aucun de ces faits n’est à lui seul en mesure de mettre à bas notre démocratie. Mais en ce mois de décembre 2016, en dix jours, et par trois fois, nos gouvernants auront renié les principes qui la fondent par des atteintes qu’ils voudraient anodines. Chacune d’elles a des explications que l’on peut comprendre. Mais ces atteintes sont autant d’encouragements donnés à ceux qui combattent la démocratie et font peu de cas de nos libertés. Elles nous appellent donc plus que jamais à la lucidité et à la vigilance.

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , , , | Laisser un commentaire

Et après ?..

Après le renoncement de François Hollande, la réunion de la « Belle Alliance Populaire », censée mettre sur les rails la primaire de la gauche a donné le spectacle navrant d’un PS sans cap ni boussole. Il venait de perdre son chef naturel, après avoir oublié depuis si longtemps qu’il aurait fallu donner une cohérence à son action. Manuel Valls a beau se jeter dans la bataille, celle-ci ne fera que confirmer les déchirures d’une gauche qui se considère comme irréconciliable et dont F. Hollande aura, en définitive, prononcé l’éloge funèbre.

Que reste-t-il donc à ceux qui ont, envers et contre tout, le cœur à gauche ? Se lamenter devant le spectacle de l’affrontement des leaders socialistes ? Se résigner à la défaite, en sachant que de longues années d’opposition seront nécessaires pour comprendre les erreurs commises, et plus de temps encore pour résoudre la contradiction entre ceux qui entendent gouverner, fût-ce au prix d’abandons et de compromis, et les jusqu’au-boutistes qui rêvent encore d’un grand soir révolutionnaire ?

En seront-ils réduits à voter contre tel ou tel à défaut de pouvoir le faire pour un projet ou des idées ? Ou bien, sans passer par la case « primaire », iront-ils voter pour celui qui veut donner l’illusion d’être leur porte-voix, ce candidat auto-proclamé de sa « France insoumise », un adversaire du « système » parlementaire depuis trente ans ? Un homme qui a adopté sur la Syrie la position de Vladimir Poutine et qui trouve tant d’excuses à Fidel Castro, qu’il se refuse à son propos de parler de violations des droits de l’homme ?

Après la désignation sans bavures de François Fillon sur une ligne résolument à droite, nous assistons aux atermoiements de François Bayrou qui s’interroge encore dans un interminable « j’y va-t-y – j’y va-t-y pas ? » et ne cesse de délivrer ses diagnostics faute d’avoir élaboré un projet qui puisse constituer une alternative. Que leur reste-t-il donc, à ces démocrates modérés en quête de visibilité sur la scène politique après la mise à l’écart d’Alain Juppé ? Attendre que le Président du Modem se présente une nouvelle fois pour achever sa course avec à peine 5% des voix parce qu’il aura oublié de s’imposer un renouvellement que les Français attendent ? Espérer qu’un – ou une – autre se lance dans la course et esquisse ainsi la première étape d’une recomposition de la famille centriste ? Ou enfin rallier la démarche d’Emmanuel Macron qui poursuit sa marche en avant, profitant de l’espace ouvert entre une droite à l’apparence conservatrice, un PS incapable de se réformer et un centre laissé en jachère ?

Il n’est pas étonnant que pendant ce temps, les candidatures se multiplient : à gauche avec tous ceux qui pensent que sur les décombres, l’heure est venue d’avoir leur moment de gloire, ailleurs avec ceux qui, d’Alexandre Jardin jusqu’aux 16 candidats qualifiés dans le cadre de la « primaire.org », tentent de renouer avec la société civile. Des candidatures qui montrent le foisonnement d’initiatives, la quête de renouveau, le besoin de changer de logiciel politique. Mais qui hélas n’ont que leur bonne volonté à offrir en partage.

Cette débauche de candidats et d’idées est à la fois rassurante et préoccupante. Rassurante, car elle démontre la passion des Français pour la chose publique et constitue un signe de vigueur démocratique. Rassurante parce qu’elle nous invite à ne pas désespérer de la politique. Mais préoccupante parce qu’elle démontre une fois de plus que la tentation de la discorde, ce mal bien français, est plus vive que jamais. Préoccupante enfin car elle donne l’illusion qu’il suffit d’un peu de bon sens, d’une exigence éthique et de quelques idées simples (et souvent simplistes !) pour remettre sur les rails un pays qui leur semble à la dérive alors que rien n’est plus complexe.

Sans doute cette offre surabondante est-elle la conséquence des échecs successifs de nos politiques ces dernières années, et du naufrage du quinquennat qui s’achève dans la confusion. Sans doute va-t-elle faire naître bien des espoirs. Mais danger : elle risque aussi de susciter autant de frustrations que d’illusions !..

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , , | Laisser un commentaire

« L’épée de Bolivar… »

Réjouissons-nous ! Il parait qu’un système politique a fait « la démonstration de la possibilité de bâtir une société juste et souveraine pour tous les peuples ». Alors, il nous vient une irrésistible envie d’aller le voir. Oui, mais voilà : il s’agit du système mis en place à Cuba par Fidel Castro ! Oubliées les milliers de victimes de son régime, emprisonnées, torturées, exécutées. Oubliée la pauvreté à laquelle il a condamné son peuple. Oubliés les échecs des guérillas exportées en Afrique et en Amérique latine par Castro et les milliers de morts qu’elles ont provoqués. On pourrait en rire si cela n’était si tragique. Et en tout état de cause, cela souligne l’étrange aveuglement du Secrétaire général du Parti Communiste français qui a tenu de tels propos au lendemain de la mort du dictateur cubain…

D’autres ont fait dans le lyrisme comme Jean-Luc Mélanchon qui écrit que « l’épée de Bolivar marche dans le ciel »*, ou encore que « demain était une promesse » pour ne voir dans la trajectoire de Fidel Castro qu’un espoir. Sans avouer que celui-ci aura été déçu, et de quelle manière !

Mais qu’a-t-elle donc, cette gauche toujours incapable de regarder en face la réalité de certaines dictatures au seul motif qu’elles sont inspirées par le marxisme? Serait-ce qu’elle reste convaincue qu’une bonne révolution nécessite quelques accommodements avec la démocratie ? Que, pour elle, ces accommodements peuvent aller jusqu’au refus des élections puis à l’instauration d’un pouvoir autoritaire ? Il y aura toujours en son sein des voix qui nous diront qu’il s’agit là d’une situation transitoire et nécessaire pour permettre l’instauration du système socialiste, gage d’un avenir radieux. C’est ce qu’ont toujours claironné les dirigeants de ces « démocraties populaires » qui, de Moscou à Cuba et Pékin, tout en prétendant défendre le peuple opprimé, ont mis en place les régimes d’oppression que l’on connaît. Et qui, en imposant la pauvreté à leur peuple, n’en oubliaient pas pour autant de vivre dans le luxe !

Alors comment pourrions-nous faire confiance à ceux qui, des communistes au « Front de gauche » préfèrent trouver des excuses à ces dictatures plutôt que d’en analyser les causes, de saisir les opportunités qui se présentent à eux pour revoir de fond en comble leur logiciel idéologique ? Comment ne pas craindre leur arrivée au pouvoir ?

L’actualité nous permet d’effectuer d’étranges rapprochements : dans la dernière semaine de campagne pour la primaire de la droite et du centre, que n’a-t-on entendu à propos des deux candidats. Jusqu’à l’ignoble assimilation de celui qui devait l’emporter à Pétain ! Ainsi, d’un côté on excuse un dictateur sanguinaire, de l’autre on accuse un démocrate des pires arrière-pensées.

Comme dans le même temps, nous assistons à une pathétique décomposition de la gauche, ces réactions à la mort de Fidel Castro nous permettent de mieux la comprendre. Si la gauche est dans cet état, c’est en effet avant tout parce qu’elle n’a jamais su rompre avec sa filiation marxiste, avec un système de pensée qui a fait de la « dictature du prolétariat » l’élément central de toute transformation politique et sociale. C’est aussi parce que si François Mitterrand a su réduire l’influence du Parti Communiste, lui et ses héritiers n’en ont pas moins toujours ménagé tous ceux qui, au PS et dans les diverses familles de la gauche, ont trouvé leur inspiration dans cette idéologie.

Après l’échec de Lionel Jospin en 2002, François Hollande a soigneusement évité toute tentative de refondation idéologique du PS. Ainsi, la gauche ne s’est jamais débarrassée de ses influences marxistes. C’est pourquoi, quoi qu’il arrive lors des prochaines élections présidentielles, loin de lui promettre un avenir radieux, de telles influences ne lui préparent que des lendemains qui déchantent.

* Une image qui fait irrésistiblement penser à ces tableaux qui nous montrent un Mao Ze Dong guidant son peuple vers un horizon lumineux et un soleil flamboyant. On sait ce qu’il en a été…

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , | Un commentaire

N’en déplaise aux « pauvrophobes »…

Il paraît que « nous sommes parfaitement informés de la situation des laissés pour compte en France ». Il paraît que nous devrions cesser de « noircir le tableau » car cela n’aurait pour effet que de « faire le lit du populisme »* ! Mais alors d’où vient ce malaise à la lecture du rapport 2016 du Secours Catholique sur la pauvreté en France** ? Du fait que l’on dénombre quelques 8 millions de personnes pauvres sur une population de 66,6 millions d’habitants (plus d’un habitant sur huit !) ? Que plus de 2,5 millions d’enfants soient condamnés à vivre dans la misère, qu’un million et demi de jeunes de 18 à 30 ans subissent une situation d’extrême pauvreté ? Ou bien serait-ce que nous sommes las de l’entendre ?

Décidément, nous avons quelques difficultés à appréhender la réalité. Oui, tout ne va pas mal en France ! Oui, nous avons un système de protection sociale qui reste, malgré ses défauts, plus protecteur que ceux nombre de nos voisins ! Mais enfin, cela interdit-il de regarder en face cette réalité de la pauvreté et de s’en indigner ? Cela nous interdit-il de poser un regard critique sur les nombreux dysfonctionnements de notre système ?

Nous avons des « pauvrophobes », ceux qui veulent chasser les pauvres de leur environnement immédiat, qui estiment qu’ils coûtent trop cher à la société que, d’une certaine manière, s’ils sont pauvres, ce doit bien être « de leur faute »… Faut-il désormais faire face à ceux qui considèrent qu’il ne faut plus en parler pour ne pas risquer de donner du grain à moudre aux extrémistes ? Pourtant, ici et là, des résultats électoraux nous montrent que le déni de réalité et le mépris du peuple par des « élites » peuvent conduire à des lendemains qui déchantent. Alors, si nous écoutions ceux qui ont quelque chose à nous dire de ce quotidien là ?

Prenons le seul exemple du RSA : est-ce « souffler sur les braises »* que de souligner que 38% des personnes qui auraient le droit d’en bénéficier ne le demandent pas ? C’est sans doute observer que nombre d’entre eux renoncent une fois confrontés au maquis règlementaire, à la complexité administrative et à l’enchevêtrement de structures ; ou encore pointer du doigt le nombre et la diversité des justificatifs à fournir qui créent un climat de suspicion. Enfin, c’est mettre en cause les mécanismes de défiance mis en place par nos structures administratives, là où il faudrait de l’attention et de l’écoute…

Quand on entend certains plaider pour la réduction de ces aides au motif qu’il y aurait des fraudeurs sociaux, on reste stupéfait. Car cette fraude est estimée à 100 millions d’euros tout au plus, à comparer avec l’ampleur de la fraude fiscale qui représente en France entre 30 et 36 milliards d’euros ! *** Chipoter pour les quelques centaines d’euros que pourraient recevoir des personnes qui vivent avec à peine 530 euros par mois frise l’indécence. Surtout si l’on pense à la timidité avec laquelle on combat l’évasion fiscale !

Ce que ne disent pas les statistiques, c’est l’angoisse de ne pouvoir nourrir convenablement ses enfants, la peur de ne pouvoir payer son loyer ou l’électricité, de ne pouvoir se chauffer… Pour les enfants, pour les jeunes, c’est la honte, la crainte du regard des autres, une incapacité à se projeter dans un avenir qui ne soit pas sombre. Dira-t-on assez les effets dévastateurs à moyen et long terme pour notre société de cette relégation ? Et il faudrait le taire, rester tranquilles, sourds aux menaces que cela prépare…

Oui, il y a bien une réalité : celle d’une relégation sociale à laquelle sont condamnées ces personnes en situation de grande pauvreté, chômeurs de longue durée ou travailleurs pauvres, familles à la rue, jeunes ou étrangers sans ressources. Et cette relégation sociale se traduit aussi par une extrême solitude face aux difficultés. Le rapport du Secours Catholique nous apprend que 57% des personnes qui sollicitent son aide, expriment un urgent besoin d’écoute. Ils attendent que l’on prête une oreille attentive aux mots qui sont les leurs, à ce qu’ils nous disent des absurdités de notre administration, à ce qui fait leur quotidien. Cette quête de reconnaissance, la volonté de garder ce lien avec leurs semblables montrent que ces femmes et ces hommes ne veulent pas s’exclure de notre société, bien que celle-ci les ignore trop souvent.

Alors qui leur laissera la parole ? Qui écoutera leur voix ? Fraternité, disions-nous au lendemain d’attentats sanglants qui ont endeuillé notre pays ! Mais où est elle la fraternité, cette valeur républicaine, quand on se résigne face au chômage de longue durée dont on observe les effets destructeurs ? Où est-elle quand les responsables des administrations chargées de verser ces aides sociales ne prennent ni le temps d’écouter, ni celui d’expliquer la complexité de mesures qu’ils sont chargés d’appliquer ? Où est elle quand on ne veut plus les voir dans nos rues et nos quartiers ? Quand on veut tout simplement les punir d’être pauvres ?

* C’est ce qu’écrit la romancière Laurence Cossé dans une chronique publiée par « La Croix » le 16 novembre dernier.

** http://www.secours-catholique.org/actualites/letat-de-la-pauvrete-2016

*** Ce qu’a dénoncé avec vigueur la présidente d’ATD Quart-Monde, Claire Hédon dans l’émission 28 minutes sur Arte le 3 novembre dernier.

Publié dans Billets | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire