Panique !..

Garder la tête froide, rien n’est plus difficile par les temps qui courent ! Exclure de sacrifier nos libertés sur l’autel d’une improbable sécurité ; récuser ceux qui prétendent que la défense de notre civilisation passe par le refus de l’autre ; ne pas se soumettre aux diktats des promoteurs du droit à l’enfant ; refuser le simplisme qui prétend résoudre le défi écologique à coups d’idées toutes faites et d’anathèmes… La liste est longue des défis auxquels nous sommes confrontés et à propos desquels nous voilà saisis de panique.

Oui, la colère nous prend lorsqu’on découvre qu’au cœur même de l’Etat, à la Préfecture de Police de Paris, un collaborateur qui, semble-t-il, donnait des signes de radicalisation, a pu passer à l’acte tuant quatre personnes. Oui, l’inquiétude nous frappe lorsque face à des manifestants les autorités déploient des forces de police armées de fusils d’assaut et les encouragent à des débordements de violence comme pour interdire la rue à qui veut protester.

La honte nous saisit lorsqu’une gestion pusillanime de la question migratoire aboutit à des traitements indignes que nous imposons à des êtres humains dont le seul tort est de fuir la terreur et la misère. Tout cela tandis qu’un incident provoqué par un élu d’extrême droite dans l’enceinte d’un Conseil régional déclenche une effervescence qui s’empare des médias, des parlementaires, des couloirs du Ministère de l’Education nationale au sujet du port du voile, prenant ainsi la laïcité en otage.

Oui, le vertige nous prend lorsque nous assistons à un simulacre de démocratie lors de débats sur le projet de loi portant sur la « PMA pour toutes » qui n’est que la face visible d’un iceberg qui consacre la marchandisation de l’humain. Le doute nous étreint enfin lorsque l’on observe la fascination qu’exerce sur les médias et nombre de dirigeants une enfant qui se saisit de la cause écologique pour pousser des cris de haine sans apporter le moindre commencement de début d’une solution.

A chaque fois, nous assistons à une forme d’hystérisation du débat, à une sorte de perversion du « bon sens ». Chaque fois, qui veut remettre un peu de raison, qui entend poser de manière dépassionnée les termes du débat, échapper aux classifications simplistes se trouve vilipendé ou, au mieux, ignoré. Chaque fois, de « bons » arguments sont employés pour discréditer celles et ceux qui osent parler à contre-courant. Disqualifiés pour « islamophobie » ceux qui osent dénoncer certaines pratiques de radicaux islamistes. Disqualifiés pour « homophobie » ceux qui s’insurgent contre la PMA et la GPA. Disqualifiés pour « ringardisme réactionnaire » ceux qui mettent en cause la dérive eugéniste masquée par la « PMA pour toutes ». Disqualifiés ceux qui osent émettre des réserves à l’égard du discours de Greta Thunberg au motif qu’il serait indigne de s’attaquer à une enfant atteinte du syndrome d’Asperger…

Aujourd’hui, nul ne s’étonne plus que des parlementaires reçoivent des menaces de mort ou que leurs permanences soient la cible de vandales. Nul ne s’indigne lorsque des insultes sont proférées sur un plateau de télévision : au contraire, cela fait le buzz !

Pour donner bonne mesure, lorsque les propos d’un Zemmour seraient susceptibles de poursuites pour incitation à la haine raciale, les beaux esprits donnent de la voix pour le faire interdire d’antenne assurant du même coup une promotion inespérée à la chaine qui l’accueille dans ses studios. D’autres réclamaient, voici quelques mois, que soient interdits d’antenne ceux qui remettent en cause le réchauffement climatique… Ajouté à la dérive sécuritaire dans laquelle nos gouvernants se laissent aller depuis une décennie, tout cela montre la conception à géométrie variable que l’on se fait désormais de la liberté d’expression dans notre pays.

Les apparences sont sauves. Les talk-shows n’ont jamais autant fait recette, donnant l’impression que chacun peut s’exprimer. Les provocateurs et pseudo-humoristes ne manquent pas qui ironisent à longueur d’antennes et masquent ainsi une pensée à sens unique. Bien que contestée et fragilisée, notre démocratie parlementaire fonctionne. Mais jusqu’à quand ?…

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2 réponses à Panique !..

  1. GAYET dit :

    Mille fois d’accord avec cette humeur, à ce détail près. En effet, cette vindicte permanente contre ceux qu’il convient d’appeler phobiques, au point que j’en deviens phobophope moi-même!- est aussi navrante en terme de concept réactif que tous les ismes qui ont émaillé notre cheminement engagé durant le siècle passé.
    A ceci près, ne mettons pas Greta Thurnberg dans le même panier, car la différence Asperger force le respect: elle crée de ces êtres de courage et de franchise sont seuls les enfants ont le secret. Ce « handicap » cette fois s’est incarné dans une voix aussi nécessaire que le furent celles des poètes ou des artistes. Please, keep silent about her. Parce qu’elle est ma petite sœur de cœur, je me devais de le dire. Quant aux éventuelles manipulations, laissons courir. De nos jours, qui n’est pas sous influence.
    Merci à elle d’exister telle qu’elle est. No comment.

    • Bruno Voisin dit :

      Juste une observation : je ne m’attaque pas à Greta Thurnberg, mais je m’étonne de la fascination qu’elle exerce. D’autant qu’en dehors d’un cri de colère – pleinement justifié au demeurant – elle ne propose rien qui fasse avancer le schmilblick !

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