Comment éviter un remake de 2012 ?

Nous avons eu le navrant spectacle des siffleurs « républicains ». Nous avons eu la torpeur ennuyeuse de Poitiers affichant une unité de façade laquelle cachait bien mal les lézardes de l’édifice socialiste. Et l’on nous prédit déjà que 2017 sera le match retour de 2012. Sans doute, les siffleurs « républicains » n’ont ils pas compris qu’ils contribuaient à susciter à nouveau le rejet de Nicolas Sarkozy qui lui fut fatal en 2012. Sans doute ce dernier, tout à l’obsession de « cliver », de resserrer les rangs autour de sa personne n’a-t-il pas compris que cette irrésistible envie qu’il a d’abattre adversaires et rivaux a pour seul effet de servir les desseins de François Hollande…

Les socialistes, quant à eux, ont fort bien compris combien pouvaient les desservir les images d’un congrès à couteaux tirés. Ils ont retenu la leçon de précédents épisodes, et s’ils ont fourbi leurs armes, ils les ont gardées pour les coulisses, là où les cris ne s’entendent pas faute de parvenir jusqu’aux micros, là où ne pénètrent pas les caméras qui témoigneraient de la violence de leurs échanges.

Alors, ceux qui n’ont pas aimé le mauvais film de 2012 redoutent désormais qu’on leur en serve un remake. Et comment ne pas partager leurs craintes ? A ceci près que ce scénario que François Hollande comme Nicolas Sarkozy veulent écrit d’avance ne connaît pour le moment qu’une variante envisagée par les sondages : celle de l’irruption de la présidente du FN dans le duo de qualifiés au soir du premier tour

Drôle de jeu de présidents (l’ancien et l’actuel) que de risquer ainsi la démocratie sur l’autel de leurs vanités. Il fut un temps (en 1981 !) où la gauche avait pour slogan : « la droite n’a qu’un projet : garder le pouvoir » et d’annoncer que le sien était de « le rendre » aux Français. Aujourd’hui, faute d’avoir donné du sens au pouvoir qu’elle exerce depuis trois ans, la gauche semble n’avoir plus qu’un objectif : le garder. L’actuel leader de la droite quant à lui, déterminé à prendre sa revanche ne redoute ni les mots qui blessent, ni les formules assassines. Et personne ne trouve grâce à ses yeux. Comment ne pas voir qu’il a déjà mis en marche la terrible machine qui fracture la société au lieu de la rassembler ? Comment ne pas voir que de telles logiques, celle de la gauche, celle du chef de la droite, conduisent la société française à se fracasser contre le mur des réalités qu’ils ont oubliées au profit de leurs obsessions ?…

Les Français ne sont pas dupes qui, déjà, ont d’autres envies, tout en rejetant l’aventure des extrêmes et du populisme. Pour autant, une cote d’amour, un capital de sympathie ne font pas une élection. Il est encore temps de donner corps à un projet, de formuler des idées nouvelles, d’incarner une démarche qui sache porter les réformes tout en réconciliant les Français avec eux-mêmes.

Non, le futur n’est pas écrit d’avance. Il a juste besoin du courage de ceux qui sauront s’opposer à la fois à ceux qui veulent garder le pouvoir sans savoir qu’en faire, et aux « siffleurs républicains »…

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