Suivre la pente mène rarement au sommet

Quand un ancien Président de la République laisse croire devant un auditoire qui en réclame l’abrogation qu’il pourra revenir sur la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, il commet une triple erreur politique.

La première, c’est de se montrer démagogue, prêt à satisfaire ceux auxquels il s’adresse pour glaner quelques voix dans la perspective d’une élection à la présidence d’un parti. Ce faisant, il se laisse emporter par la frange la plus radicale de la « Manif pour tous », au risque de rouvrir une ligne de fracture dans la société française.

La seconde, c’est de leur mentir car Nicolas Sarkozy sait parfaitement qu’il ne pourra pas revenir sur le mariage homosexuel. Ce sera juridiquement impossible. D’abord car il s’agira de revenir sur un droit. Ensuite, car cela aurait pour effet de créer deux catégories de couples homosexuels n’ayant pas les mêmes droits. D’un côté, ceux qui auraient été mariés en vertu de la loi Taubira et, de l’autre, ceux qui seraient unis en application de la loi nouvelle. Une inégalité qui serait inévitablement sanctionnée par le Conseil constitutionnel.

Observons au passage qu’envisager une union civile pour les couples de personnes de même sexe revient à reconnaître qu’il aurait du en prendre l’initiative lorsqu’il était à l’Elysée. Mais Nicolas Sarkozy y pense-t-il seulement ?

Enfin et surtout, sa troisième faute – la plus grave – c’est d’avoir, par manque de courage, conforté l’impression déjà trop largement répandue, que la politique est moins affaire de convictions que d’opportunisme.

Il est toujours plus facile de suivre le sens de la pente. Mais il ne faut jamais oublier que cela mène rarement vers les sommets…

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