Après le doute, le philosophe médiatique…

On ne présente plus Régis Debray. Intellectuel brillant passé par la case « guérilla en Amérique Latine » (suivie de la case « prison ») et la case « exercice du pouvoir » dans l’entourage de François Mitterrand avant la case « médiologie ».

En 2009, il publiait chez Gallimard « Le moment fraternité ». Un essai dérangeant, prémonitoire si l’on en juge par l’incantation à laquelle le mot fraternité donne lieu depuis le début de cette année 2015. Un essai que le site de Régis Debray présente ainsi : « Liberté, égalité, fraternité : « Les trois marches du perron suprême », disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d’en haut sans retomber dans la terreur ou bien dans la niaiserie ? Et comment, au royaume morcelé du moi-je, retrouver le sens et la force du nous ? C’est ce défi, peut-être le plus crucial de notre temps, que Régis Debray s’emploie à relever dans ce livre ».

Dans cet ouvrage, parmi les cibles de ses coups de gueule, les philosophes vedettes médiatiques :

« … Le trou d’air mandarinal a suscité l’ascension du philosophe journaliste ou du philosophe pour journalistes (sans rapport avec le philosophe pour philosophes qui a rédigé sa thèse, ou le philosophe pour élèves, qui besogne au lycée et n’a pas la parole au dehors). Ses valises légères en font le surdoué de la vidéosphère, c’est à dire son ludion. Son propos n’est pas de comprendre le monde ni de le transformer, mais de se mettre au milieu pour s’auto-célébrer… C’est un révolté honoraire… Le droit à la critique des religions d’hier que revendique à juste titre ce gêneur consensuel lui permet de déclarer ignoble toute critique de la religion en vigueur, la sienne. »

Régis Debray « Le Moment Fraternité » ( éditions Gallimard – 2009)

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